June 18, 2010

In flames sunset

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 1:06 am

Del amor imprevisto

Nadie comprendía el perfume
de la oscura magnolia de tu vientre.
Nadie sabía que martirizabas
un colibrí de amor entre los dientes.

Mil caballitos persas se dormían
en la plaza con luna de tu frente,
mientras que yo enlazaba cuatro noches
tu cintura, enemiga de la nieve.

Entre yeso y jazmines, tu mirada
era un pálido ramo de simientes.
Yo busqué, para darte, por mi pecho
las letras de marfil que dicen siempre.

Siempre, siempre: Jardín de mi agonía,
tu cuerpo fugitivo par siempre,
la sangre de tus venas en mi boca,
tu boca ya sin luz para mi muerte.

Federico García Lorca, “Diván del Tamarit” (1936)

May 18, 2010

CCCXVIII

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 10:57 pm

¡Sensación de retorno!
¡Sensación de retorno!
Pero ¿de dónde, dónde?
Alli estuvimos, si,
juntos.Para encontrarnos
este día tan claro
las presencias de siempre
no bastaban.Los besos
se quedaban a medio
vivir de sus de sus destinos:
no sabían volar
de su ser en las bocas
hacia su pleno más.
Mi mirada, mirándote,
sentía paraísos
guardados más allá,
virginales jardines
de ti, donde con esta luz
de que disponíamos
no se podía entrar.
Por eso nos marchamos.
Se deshizo el abrazo,
se apartaron los ojos,
dejaron de mirarse
para buscar el mundo
donde nos encontraramos.
Y ha sido allí, sí, allí.
Nos hemos encontrado
allí. ¿Cómo, el reencuentro?

Pedro Salinas. Razón de Amor, 1936

February 17, 2010

I believed

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 10:57 pm

El ángel

Al amanecer,
cuando la dureza del día es aún extraña
vuelvo a encontrarte en la precisa línea
desde la que la noche retrocede.
Reconozco tu oscura transparencia,
tu rostro no visible,
el ala o filo con el que he luchado.
Estás o vuelves o reapareces
en el extremo límite, señor
de lo indistinto.
No separes
la sombra de la luz que ella ha engendrado.

José Ángel Valente

February 10, 2010

Eternal poetry

Filed under: Caminos my dear, Dead Poets Society — 曹 tsao @ 12:28 am

When I was a teenager I had a controversy with my friends and our the Biology teacher. They said once the paper is destroyed, writtings are missed forever. Meanwhile, I defended even when the paper rots or burns, poetry will survive ever because it’s written on our souls.

Today I finished to read civil engineer José Antonio Fernandez Ordóñez‘ speech in his joining to the Fine Arts Academy of San Fernando. He finished with this paragraph:

“…don’t deceive ourselves, only the work of poets is really everlasting. When there’ll only be ruins of the most beautiful bridges in the world, Mozart’s music will remain so wonderful and new like the first day of its conception…”

So now I think I won that debate :-)

January 25, 2010

Renaissance

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 11:18 pm

Chanson d’Après-midi

Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n’est pas celui d’un ange,
Sorcière aux yeux alléchants,

Je t’adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec la dévotion
Du prêtre pour son idole.

Le désert et la forêt
Embaument tes tresses rudes,
Ta tête a les attitudes
De l’énigme et du secret.

Sur ta chair le parfum rôde
Comme autour d’un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude.

Ah ! les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts !

Tes hanches sont amoureuses
De ton dos et de tes seins,
Et tu ravis les coussins
Par tes poses langoureuses.

Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;

Tu me déchires, ma brune,
Avec un rire moqueur,
Et puis tu mets sur mon cœur
Ton œil doux comme la lune.

Sous tes souliers de satin,
Sous tes charmants pieds de soie,
Moi, je mets ma grande joie,
Mon génie et mon destin,

Mon âme par toi guérie,
Par toi, lumière et couleur !
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie !

Charles Baudelaire, 1860

November 6, 2009

Raining in my eyes

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 12:52 am

Le Fou et la Vénus
Quelle admirable journée! Le vaste parc se pâme sous l’oeil brûlant du soleil, comme la jeunesse sous la domination de l’Amour.
L’extase universelle des choses ne s’exprime par aucun bruit; les eaux elles-mêmes sont comme endormies. Bien différente des fêtes humaines, c’est ici une orgie silencieuse.
On dirait qu’une lumière toujours croissante fait de plus en plus étinceler les objets; que les fleurs excitées brûlent du désir de rivaliser avec l’azur du ciel par l’énergie de leurs couleurs, et que la chaleur, rendant visibles les parfums, les fait monter vers l’astre comme des fumées.
Cependant, dans cette jouissance universelle, j’ai aperçu un être affligé.
Aux pieds d’une colossale Vénus, un de ces fous artificiels, un de ces bouffons volontaires chargés de faire rire les rois quand le Remords ou l’Ennui les obsède, affublé d’un costume éclatant et ridicule, coiffé de cornes et de sonnettes, tout ramassé contre le piédestal, lève des yeux pleins de larmes vers l’immortelle Déesse.
Et ses yeux disent: – “Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d’amour et d’amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux.
Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l’immortelle Beauté! Ah! Déesse! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire!”
Mais l’implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre.

Charles Baudelaire. Le Spleen de Paris, 1869

October 29, 2009

Angel walking on my ashes

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 12:02 am

Te quiero

Tus manos son mi caricia
mis acordes cotidianos
te quiero porque tus manos
trabajan por la justicia

si te quiero es porque sos
mi amor mi cómplice y todo
y en la calle codo a codo
somos mucho más que dos

tus ojos son mi conjuro
contra la mala jornada
te quiero por tu mirada
que mira y siembra futuro

tu boca que es tuya y mía
tu boca no se equivoca
te quiero porque tu boca
sabe gritar rebeldía

si te quiero es porque sos
mi amor mi cómplice y todo
y en la calle codo a codo
somos mucho más que dos

y por tu rostro sincero
y tu paso vagabundo
y tu llanto por el mundo
porque sos pueblo te quiero

y porque amor no es aureola
ni cándida moraleja
y porque somos pareja
que sabe que no está sola

te quiero en mi paraíso
es decir que en mi país
la gente viva feliz
aunque no tenga permiso

si te quiero es porque sos
mi amor mi cómplice y todo
y en la calle codo a codo
somos mucho más que dos.

Mario Benedetti

October 14, 2009

Étude

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 9:07 pm

Chant d’automne

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts!
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être: colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

II me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui? — C’était hier l’été; voici l’automne!
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.

Courte tâche! La tombe attend; elle est avide!
Ah! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
De l’arrière-saison le rayon jaune et doux!

Charles Baudelaire, 1859

October 10, 2009

A bright ending

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 12:05 am

How clear she shines! How quietly
I lie beneath her guardian light;
While heaven and earth are whispering me,
“To morrow, wake, but dream to-night.”
Yes, Fancy, come, my Fairy love!
These throbbing temples softly kiss;
And bend my lonely couch above,
And bring me rest, and bring me bliss.

The world is going; dark world, adieu!
Grim world, conceal thee till the day;
The heart thou canst not all subdue
Must still resist, if thou delay!

Thy love I will not, will not share;
Thy hatred only wakes a smile;
Thy griefs may wound–thy wrongs may tear,
But, oh, thy lies shall ne’er beguile!
While gazing on the stars that glow
Above me, in that stormless sea,
I long to hope that all the woe
Creation knows, is held in thee!

And this shall be my dream to-night;
I’ll think the heaven of glorious spheres
Is rolling on its course of light
In endless bliss, through endless years;
I’ll think, there’s not one world above,
Far as these straining eyes can see,
Where Wisdom ever laughed at Love,
Or Virtue crouched to Infamy;

Where, writhing ‘neath the strokes of Fate,
The mangled wretch was forced to smile;
To match his patience ‘gainst her hate,
His heart rebellious all the while.
Where Pleasure still will lead to wrong,
And helpless Reason warn in vain;
And Truth is weak, and Treachery strong;
And Joy the surest path to Pain;
And Peace, the lethargy of Grief;
And Hope, a phantom of the soul;
And life, a labour, void and brief;
And Death, the despot of the whole!

Emily Brontë. Poems By Currer, Ellis and Acton Bell, 1846

October 1, 2009

Symétrie

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 9:29 pm

De profundis clamavi

J’implore ta pitié, Toi, l’unique que j’aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
C’est un univers morne à l’horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l’horreur et le blasphème;

Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre;
C’est un pays plus nu que la terre polaire
— Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois!

Or il n’est pas d’horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos;

Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide,
Tant l’écheveau du temps lentement se dévide!

Charles Baudelaire, 1851

September 30, 2009

Gymnopédie

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 10:35 pm

When we two parted

When we two parted
In silence and tears,
Half broken-hearted
To sever for years,
Pale grew thy cheek and cold,
Colder thy kiss;
Truly that hour foretold
Sorrow to this.

The dew of the morning
Sunk chill on my brow—
It felt like the warning
Of what I feel now.
Thy vows are all broken,
And light is thy fame:
I hear thy name spoken,
And share in its shame.

They name thee before me,
A knell to mine ear;
A shudder comes o’er me—
Why wert thou so dear?
They know not I knew thee,
Who knew thee too well:
Long, long shall I rue thee,
Too deeply to tell.

In secret we met—
In silence I grieve,
That thy heart could forget,
Thy spirit deceive.
If I should meet thee
After long years,
How should I greet thee?
With silence and tears.

Lord Byron

September 24, 2009

Écho

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 1:38 pm

No quiero que te vayas
dolor, última forma
de amar. Me estoy sintiendo
vivir cuando me dueles
no en ti, ni aquí, más lejos:
en la tierra, en el año
de donde vienes tú,
en el amor con ella
y todo lo que fue.
En esa realidad
hundida que se niega
a sí misma y se empeña
en que nunca ha existido,
que sólo fue un pretexto
mío para vivir.
Si tú no me quedaras,
dolor, irrefutable,
yo me lo creería;
pero me quedas tú.
Tu verdad me asegura
que nada fue mentira.
Y mientras yo te sienta,
tú me serás, dolor,
la prueba de otra vida
en que no me dolías.
La gran prueba, a lo lejos,
de que existió, que existe,
de que me quiso, sí,
de que aún la estoy queriendo.

Pedro Salinas. La voz a ti debida, 1933

September 23, 2009

+73: The last day of Summer never felt so cold

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 9:28 pm

Dame tu libertad.
No quiero tu fatiga,
no, ni tus hojas secas,
tu sueño, ojos cerrados.
Ven a mí desde ti,
no desde tu cansancio
de ti. Quiero sentirla.
Tu libertad me trae,
igual que un viento universal,
un olor de maderas
remotas de tus muebles,
una bandada de visiones
que tú veías
cuando en el colmo de tu libertad
cerrabas ya los ojos.
¡Qué hermosa tú libre y en pie!
Si tú me das tu libertad me das tus años
blancos, limpios y agudos como dientes,
me das el tiempo en que tú la gozabas.
Quiero sentirla como siente el agua
del puerto, pensativa,
en las quillas inmòviles
el alta mar, la turbulencia sacra.
Sentirla,
vuelo parado,
igual que en sosegado soto
siente la rama
donde el ave se posa,
el ardor de volar, la lucha terca
contra las dimensiones en azul.
Descánsala hoy en mí: la gozaré
en un temblor de hoja en que se paran
gotas del cielo al suelo.
La quiero
para soltarla, solamente.
No tengo cárcel para ti en mi ser.
Tu libertad te aguarda para mí.
La soltaré otra vez, y por el cielo,
por el mar, por el tiempo,
veré còmo se marcha hacia su sino.
Si su sino soy yo, te está esperando.

Pedro Salinas. Razón de amor, 1936

September 10, 2009

+62

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 8:07 pm

L’Eternité

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l’aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s’exhale
Sans qu’on dise : enfin.

Là pas d’espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

Arthur Rimbaud, 1872

September 9, 2009

I want to believe

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 1:28 pm

La nube que trae un viento,
las palabras que traen pena,
otras palabras las limpian,
otro viento se la lleva

Si unos ojos se te niegan
cuando les das tu mirada,
tú no dejes de mirarlos,
espera.
También se marcha la luz,
y aguardan las infinitas
miradas de las estrellas,
toda la noche, a que vuelva.
La luz es dicha redonda.
No se va; cuando se va,
va camino de su vuelta,
a los ojos que alumbrò.
La luz nunca estará muerta.

Si escapa de entre tus manos
esas manos que has tenido
tanto, tanto tiempo en ellas,
ajustadas a tu sueño
como el río a sus riberas,
no las cierres.
El agua es fiel a su cauce,
él solo, puede adentrarle
por sus caminos seguros
al destino que le espera.
De tierra tus manos son,
tenias abiertas
lo mismo que el cauce tiene
la otra, la suya, su tierra.
Volverán agua y amor:
a nadie deja vacías
las manos la primavera.

Si es que tu besar se encuentra
sin labios que le besaban,
no es que tu boca se esté
ya para siempre soltera.
Los pájaros tienen alas
que del árbol se los llevan.
Pero las ramas
de donde arrancò ese vuelo
saben lo que va a pasar
cuando echen las hojas nuevas.
Esos labios que no quieren
volverán a su querencia:
la boca en que se posaron
sus besos por vez primera.
No desesperes, amor,
tú tendrás lo que deseas:
si eres amor, de verdad
lo imposible siempre llega.
Felicidad. Destilada
por el tiempo en sus colmenas,
por horas que van y vienen
por el aire, o son abejas.
Aprende paciencia, amor:
el mundo es hechura alegre
de una celeste paciencia.
Ni los estrelleros saben
cuánto siglo sobre siglo
ha tardado esta belleza.

Y ahora, tan hermoso todo,
donde se posan los ojos
te espera una recompensa.
Mira:
aquí tienes a la rosa,
ayer cerrada, hoy abierta.

Pedro Salinas, 1954

August 13, 2009

Retrouvailles

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 2:14 pm

Bajo un empedrado gris
por angostas calles
errática viajaba mi alma,
en dulces momentos
salvándote
como de manantial agua
que entre los dedos
se escapa.

Y despejando en la mirada
aquella tumultuosa soledad
hallé en el suelo, hecha jirones
una triste hoja embarrada.
Su frágil cuerpo
dibujaba
como de Calvario sombras
y sus azules versos
fluían turbios
por entre las baldosas.

Traté a duras penas
de leer aquellas estrofas
desleídas…

…Y sonreí…
porque aún con su métrica
herida de muerte
pensé: cada verso,
en el tiempo
cincelado está ya
a fuego.

Luego una profunda pena
me invadió
cuando reconocí
que aquel viejo poema
te lo había escrito yo…

u.p.m., julio de 2009

August 10, 2009

+31

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 1:12 pm

Brumes et pluies

Ô fins d’automne, hivers, printemps trempés de boue,
Endormeuses saisons! je vous aime et vous loue
D’envelopper ainsi mon coeur et mon cerveau
D’un linceul vaporeux et d’un vague tombeau.

Dans cette grande plaine où l’autan froid se joue,
Où par les longues nuits la girouette s’enroue,
Mon âme mieux qu’au temps du tiède renouveau
Ouvrira largement ses ailes de corbeau.

Rien n’est plus doux au coeur plein de choses funèbres,
Et sur qui dès longtemps descendent les frimas,
Ô blafardes saisons, reines de nos climats,

Que l’aspect permanent de vos pâles ténèbres,
— Si ce n’est, par un soir sans lune, deux à deux,
D’endormir la douleur sur un lit hasardeux.

Tableaux Parisiens, CI. Charles Baudelaire, 1857

August 5, 2009

Bamboo breaking

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 9:31 pm

Agua de Río

Noche oscura, guárdame del temor
que entre mares, agua de río soy
Laberinto que turba la razón
del que lleva barro y arena en el corazón.
Suave brisa, guárdame del ciclón
que entre vientos, tallos de espiga soy
Blanca luna, blanca es mi devoción,
en tus ojos quise mirarme yo

¡Ay de mí, de mi ambición!
Y allí quedé sentado junto al camino
mientras me salpicaba el agua del río
Miles de sueños iguales al mío
Miles de gotas de agua de río
¡Ay de mí, de mi ambición!
Agua helada, limpia, clara
llévame hasta el mar
Agua helada, en otras aguas
me quise encontrar
Y allí quedé sentado junto al camino,
mi vida turbia como el agua del río
Tantos recuerdos iguales al mío
bañados por aquellas gotas de río
Así quedé dormido junto al camino…
Mientras bajaba turbia el agua del río…
Así quedé dormido junto al camino…
Mientras bajaba el agua turbia del río…
Miles de sueños iguales al mío…

Antonio Vega, 1998

August 2, 2009

A dark night

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 2:51 am

¿Serás, amor
un largo adiós que no se acaba?
Vivir, desde el principio, es separarse.
En el mismo encuentro
con la luz, con los labios,
el corazón percibe la congoja
de tener que estar ciego y sólo un día.
Amor es el retraso milagroso
de su término mismo:
es prolongar el hecho mágico
de que uno y uno sean dos, en contra
de la primer condena de la vida.
Con los besos,
con la pena y el pecho se conquistan,
en afanosas lides, entre gozos
parecidos a juegos,
días, tierras, espacios fabulosos,
a la gran disyunción que está esperando,
hermana de la muerte o muerte misma.
Cada beso perfecto aparta el tiempo,
le echa hacia atrás, ensancha el mundo breve
donde puede besarse todavía.
Ni en el lugar, ni en el hallazgo
tiene el amor su cima:
es en la resistencia a separarse
en donde se le siente,
desnudo altísimo, temblando.
Y la separación no es el momento
cuando brazos, o voces,
se despiden con señas materiales.
Es de antes, de después.
Si se estrechan las manos, si se abraza,
nunca es para apartarse,
es porque el alma ciegamente siente
que la forma posible de estar juntos
es una despedida larga, clara
y que lo más seguro es el adiós.

 

Pedro Salinas, 1936

July 25, 2009

Lonely tea

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 10:05 pm

Llagas de Amor

Esta luz, este fuego que devora.
Este paisaje gris que me rodea.
Este dolor por una sola idea.
Esta angustia de cielo, mundo y hora.

Este llanto de sangre que decora
lira sin pulso ya, lúbrica tea.
Este peso del mar que me golpea.
Este alacrán que por mi pecho mora.

Son guirnaldas de amor, cama de herido,
donde sin sueño, sueño tu presencia
entre las ruinas de mi pecho hundido.

Y aunque busco la cumbre de prudencia
me da tu corazón valle tendido
con cicuta y pasión de amarga ciencia.

Sonetos del amor oscuro. Federico García Lorca, 1936.

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