October 29, 2009

Angel walking on my ashes

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 12:02 am

Te quiero

Tus manos son mi caricia
mis acordes cotidianos
te quiero porque tus manos
trabajan por la justicia

si te quiero es porque sos
mi amor mi cómplice y todo
y en la calle codo a codo
somos mucho más que dos

tus ojos son mi conjuro
contra la mala jornada
te quiero por tu mirada
que mira y siembra futuro

tu boca que es tuya y mía
tu boca no se equivoca
te quiero porque tu boca
sabe gritar rebeldía

si te quiero es porque sos
mi amor mi cómplice y todo
y en la calle codo a codo
somos mucho más que dos

y por tu rostro sincero
y tu paso vagabundo
y tu llanto por el mundo
porque sos pueblo te quiero

y porque amor no es aureola
ni cándida moraleja
y porque somos pareja
que sabe que no está sola

te quiero en mi paraíso
es decir que en mi país
la gente viva feliz
aunque no tenga permiso

si te quiero es porque sos
mi amor mi cómplice y todo
y en la calle codo a codo
somos mucho más que dos.

Mario Benedetti

October 14, 2009

Étude

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 9:07 pm

Chant d’automne

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts!
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être: colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

II me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui? — C’était hier l’été; voici l’automne!
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.

Courte tâche! La tombe attend; elle est avide!
Ah! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
De l’arrière-saison le rayon jaune et doux!

Charles Baudelaire, 1859

October 10, 2009

A bright ending

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 12:05 am

How clear she shines! How quietly
I lie beneath her guardian light;
While heaven and earth are whispering me,
“To morrow, wake, but dream to-night.”
Yes, Fancy, come, my Fairy love!
These throbbing temples softly kiss;
And bend my lonely couch above,
And bring me rest, and bring me bliss.

The world is going; dark world, adieu!
Grim world, conceal thee till the day;
The heart thou canst not all subdue
Must still resist, if thou delay!

Thy love I will not, will not share;
Thy hatred only wakes a smile;
Thy griefs may wound–thy wrongs may tear,
But, oh, thy lies shall ne’er beguile!
While gazing on the stars that glow
Above me, in that stormless sea,
I long to hope that all the woe
Creation knows, is held in thee!

And this shall be my dream to-night;
I’ll think the heaven of glorious spheres
Is rolling on its course of light
In endless bliss, through endless years;
I’ll think, there’s not one world above,
Far as these straining eyes can see,
Where Wisdom ever laughed at Love,
Or Virtue crouched to Infamy;

Where, writhing ‘neath the strokes of Fate,
The mangled wretch was forced to smile;
To match his patience ‘gainst her hate,
His heart rebellious all the while.
Where Pleasure still will lead to wrong,
And helpless Reason warn in vain;
And Truth is weak, and Treachery strong;
And Joy the surest path to Pain;
And Peace, the lethargy of Grief;
And Hope, a phantom of the soul;
And life, a labour, void and brief;
And Death, the despot of the whole!

Emily Brontë. Poems By Currer, Ellis and Acton Bell, 1846

October 1, 2009

Symétrie

Filed under: Dead Poets Society — 曹 tsao @ 9:29 pm

De profundis clamavi

J’implore ta pitié, Toi, l’unique que j’aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
C’est un univers morne à l’horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l’horreur et le blasphème;

Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre;
C’est un pays plus nu que la terre polaire
— Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois!

Or il n’est pas d’horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos;

Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide,
Tant l’écheveau du temps lentement se dévide!

Charles Baudelaire, 1851

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